J’écoute les chemins de la philosophie sur le thème « comédies musicales, le joie de vivre au cinéma ». Comble de la chance et de la pertinence, l’émission s’appuie sur mon film ressource : Chantons sous la pluie.
 
La musique me porte et N.T. Binh fait le lien entre cette sensation d’authenticité que le chant et la danse me font ressentir et les questionnements philosophiques sur la réalité et la révélation de soi. A travers des disciplines exigeantes et engageantes pour tout notre être, la comédie musicale joue sur la notion et la perception du réel et de la supercherie : en obligeant l’acteur à mettre en mouvement son corps et sa voix, le musical l’empêche de tricher dans un monde de trucage ; en mettant en lumière les supercheries utilisées, le musical nous oblige à nous interroger sur ce qui est vrai et authentique.
 
Tout est clair ou plutôt rien ne l’est,  et c’est là toute la démarche.
 
Jusqu’à ce point soulevé par Adèle Van Reeth comme une enfant qui  revient à sa raison réaliste. Comme si elle se réveillait soudainement de s’être laissée emportée par la chanson et les claquettes et réalisait, déçue, qu’elle est toujours dans son studio d’enregistrement. Que la musique vient d’une boite, et qu’autour d’elle personne ne chante : Pourtant, « La vie n’est pas une comédie musicale ».
 
Et pourquoi pas ? 
 
Dans l’émission, il y a eu cette très jolie phrase qui m’a émue :  « Le rêve n’est pas un mensonge c’est une révélation de soi-même. A partir du moment où on réussira à réenchanter le monde dans lequel on vit, peut être que l’on arrivera à surmonter les difficultés de sa vie.  » J’aurais eu envie que l’on rebondisse sur ce sujet. Qu’ils se mettent à le chanter, pourquoi pas à tambouriner sur leur bureaux. Mais non. Le sujet est vite reparti justement sur le décalage – apparemment acté – entre notre société et la comédie musicale.
 
Et pourquoi donc ? Je repense au poème de Desnos et à sa fourmi de 18 mètres. Et pourquoi dans cette matière qu’est la philosophie où le réél et la vérité sont toujours interrogés et remis en question, l’incompatibilité entre la comédie et notre vie de tous les jours est-elle aussi peu questionnée ?
 
La vie n’est pas une comédie musicale ? Et qu’est-ce qui nous en empêche ?

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